Un peu d’histoire


Une école de Filles : Ecole Saint-Joseph :

En 1817, l’Ecole Cotreuil s’ouvre ruelle Sainte-Croix. Elle est due à Mademoiselle Cotreuil qui, désireuse d’établir une fondation à Mortagne, fait don au Curé d’une maison appartenant à sa famille et fait appel aux Soeurs de la Providence de Sées – les « dames noires »- afin qu’elles tiennent cette école primaire gratuite pour les filles.
En 1821, dans l’ancien Hôtel du Marquis de Longueil, se trouvent un couvent de religieuses ; les « Dames blanches », (officiellement religieuses des Sacrés Cours de Picpus) et un pensionnat de jeunes filles. C’est pendant cette période, vers 1850, que la chapelle est construite. La fermeture de ce pensionnat est décidée en 1895. L’aumônier de la chapelle logeait dans le Vieux-Logis (Emile Chartier, futur philosophe Alain, lui répondait la messe).


Vue sur l’ancien hôtel du marquis de Longueil, dans les années 50

En 1849, une extension de l’école Cotreuil est nécessaire et c’est ainsi que s’ouvre le Pensionnat de filles Saint-Joseph tenu également par les Soeurs de la Providence, rue de Rouen. Le 5 août 1878 est le jour de la bénédiction de la Chapelle dédiée à Saint-Joseph.

En 1943, la Paroisse reçoit la maison contiguë à l’école. Une troisième classe est ouverte et pour l’assurer, arrive Mademoiselle Meyrand. Mais la charge financière devenant trop lourde, l’école Cotreuil est fermée en 1961 et les élèves qu’accompagne Mademoiselle Meyrand, sont accueillies au Pensionnat Saint-Joseph. Soeur Réginald, alors directrice, n’a pas oublié qu’elle avait fait ses premières armes d’enseignante à l’école Cotreuil en 1932.

Cour du pensionnat de jeunes filles – début du XXème siècle
Pensionnat St Joseph – début du XXéme siècle

Une école de Garçons – Ecole Bignon :

Pour les garçons, le Collège Saint-Eloi, ouvert en 1803 (à la place de l’actuel Centre de Secours des Pompiers) et tenu par les Pères de Tinchebray, ferme le 18 juillet 1893.

Abbé Bignon – 1908

Le 27 septembre 1897, l’Abbé Bignon, curé de Mortagne, ouvre un cours élémentaire dans les locaux laissés libres par les  » Dames blanches  » dans l’ancien Hôtel du Marquis de Longueil. D’abord externat, en 1908, un internat s’ouvre et se développe rapidement.

Ancien Hôtel de Longueil au début du XXème siècle.
« Cour d’honneur » et tourelle du bat. A
Façade du bat.A au début du XXème siècle.

Patrimoine architectural : Ancien hôtel du Marquis de Longueil

Maison construite après la guerre de Cent ans, autrefois hôtel du marquis de Longueil. Un grand portail s’ouvre sur un ensemble de bâtiments anciens. Dans la cour haute, se trouvent deux corps de logis des 15e et 17e siècles avec tourelle à huit pans. La cour basse a conservé, avec l’encadrement de ses fenêtres, tout son cachet d’art pré-renaissance.

Les bâtiments situés rue du Général Leclerc, avec la tourelle hexagonale, remontent au XVème siècle. Le bâtiment perpendiculaire à la rue de la Comédie est construit vers la fin du XVIIème. C’étaient autrefois les écuries, les remises et le logement des palefreniers. La première classe, qui comptait une vingtaine d’élèves ayant pour maître M. Isaïe Maillard, s’installe à l’étage dans la salle où se trouve la cheminée coquille.(Actuel bâtiment C)

vue sur la tourelle à 8 pans de la cour haute -photo début du XXème

Patrimoine architectural :l’apport des « Dames Blanches »

Le bâtiment du CDI actuel  est construit au siècle dernier par les  » Dames blanches « . Elles avaient une boulangerie sous l’actuel bureau de la vie scolaire. Plusieurs citernes recueillaient l’eau de pluie.  Les balcons en fer forgé datent du XVIIIème siècle.

Groupe de jeunes élèves devant l’actuel CDI – Début du XXème siècle.
Séance d’activités physiques pour un groupe de garçons dans la cour du collège

Le 4 septembre 1908, décès de l’abbé Bignon. L’école portera son nom. En 1914, l’Ecole Bignon compte 120 élèves, dont une cinquantaine de pensionnaires.
En 1922, M. Philippe cède la place à M. l’Abbé Darel, venu de St-François-de-Sales (Alençon).
La guerre de 1939-1945 et l’occupation allemande laissent l’Ecole dans un triste état de délabrement. Plusieurs directeurs se succèdent : M. Chartier (42-43), M. Février, M. Fréour, M. Le Goff, M. l’Abbé Nicolas.

En 1948, la situation est très critique. Pour la redresser, on fait appel à M. l’Abbé Jean Aubry, originaire de Mortagne, ancien élève de Bignon. L’Ecole reprend vie grâce au soutien de ses anciens et des parents d’élèves.
En février 1956, un incendie dévaste le bâtiment d’origine (Bat.C). Ce bâtiment est restauré, le clocher de la chapelle est modifié, l’entrée est déplacée de la rue du Général Leclerc à la rue de la Comédie. L’Abbé Aubry fait aménager la cour d’honneur.

Le cinquantenaire


L’école Bignon fête son cinquantenaire en 1958. Un boum démographique accompagne les années 60.
Bignon se développant, on construit, en 1962-63, le  » Nouveau bâtiment « .

Le chantier du bâtiment D a radicalement changé l’aspect de l’école et du quartier.
Les élèves présents dans ces années de constructions avaient un spectacle garanti à chaque récréation.

On achète le  » Vieux Logis  » (devenu pendant la guerre propriété de la Banque d’Amérique du Sud), et le garage Lecauf (garage Citroën).
La salle de sport, chemin des Carrières, est construite en 1966-1967. Dans le parc Jeanne d’Arc, on construit l’Ecole maternelle et quelques années plus tard, l’Ecole primaire. En attendant, quelques classes primaires ont trouvé asile à la Maison des Oeuvres.

Fusion Bignon – Saint-Joseph & mixité :

Une fusion, ce n’est jamais facile à réaliser. Elle se fait progressivement et l’école Bignon profite de l’ouverture d’un second cycle pour accueillir quatre filles à la rentrée 1962.
La mixité se met en place en 1966 dans toutes les classes du 1er cycle avec la fusion de Saint-Joseph et Bignon et en 1969 pour les classes primaires et enfantines.
La direction de l’ensemble est assurée en commun d’abord par Soeur Vianney et l’Abbé Aubry, puis par Soeur Vianney et l’Abbé Gouault (1971) ensuite par Mademoiselle Fontaine et l’Abbé Gouault (1974).
En 1986-87, le garage Lecauf est aménagé : salle audio, classes, salle de jeux. Il est rebaptisé  » bâtiment Jean Aubry  » en souvenir de celui qui a redonné un essor à l’Etablissement. En 1989, le CDI et la Salle Pervenche sont aménagés. En mai 1992 est inaugurée la nouvelle cantine pour les classes primaires et maternelles dans l’ancienne Salle Jeanne d’Arc. En mai 1993, c’est la première représentation de l’atelier théâtre du Collège-Lycée dans la nouvelle salle Jeanne d’Arc.
En 1997, on fêtait le centenaire de l’Etablissement Bignon.

Emile Chartier – Alain

Un dernier bâtiment, situé au 3 rue de la Comédie, vient compléter l’ensemble scolaire Bignon. Cette ancienne maison particulière a été la maison natale du philosophe Alain.

Emile Chartier faisant cours à ses élèves

Le 3 mars 1868 voit la naissance à Mortagne-au-Perche d’Emile-Auguste Chartier, fils d’Etienne Chartier, vétérinaire. Il est l’auteur d’une philosophie idéaliste, qui, par son côté humaniste et cartésien, a longtemps servi de référence pour l’enseignement français ( Propos d’Alain, 1908-1920).